Petit chosier - Droit de suite Brimborions, babioles et bidules Par Romain T. et Fabrice D. 2021-03-13T22:38:59+01:00 Fabrice D. Simonin urn:md5:3d5d88daee63672803dd7148eed1c3c4 Dotclear Discothèque urn:md5:d969c2a191230a3809a7078d589f0539 2021-03-13T16:13:00+01:00 2021-03-13T19:17:09+01:00 RomainT Droit de suite <p>Il y a huit ans je comptais près de 4200 CD dans la discothèque.</p> <p>J&#8217;en ai dénombré un peu plus de 6400&nbsp;aujourd&#8217;hui, si je ne me suis pas trompé.</p> Tombé sur la verrière urn:md5:21e47bd7eaa8433be775863688e2b56d 2019-11-08T07:50:00+01:00 2019-11-08T08:57:01+01:00 RomainT Droit de suite <p>Une verrière, qui recouvre&nbsp;la cuisine, forme une cible facile&nbsp;pour les éléments comme&nbsp;pour cinq copropriétaires en mal de poubelles qui la surplombent. Voici les objets tombés dessus et y ramassés par mes soins depuis six ans&#160;: feuilles, branchages, morceaux de tuiles ;&nbsp;une barre de béton armé rouillée&nbsp;(deux mètres de long, diamètre 20&nbsp;mm), une plante sans son pot&nbsp;;&nbsp;mégots, cotons-tiges, squelettes de grappes de raisin&#160;; une tranche de pain de mie, un gant de toilette, une serpillère, un paquet de mouchoirs en papier, une écharpe.</p> <p>Écho du souvenir fasciné&nbsp;du canal de l&#8217;Ourcq près duquel j&#8217;ai habité enfant, qu&#8217;on draguait parfois&#160;: on&nbsp;remontait des profondeurs arbres décomposés, carcasses de&nbsp;voitures, de&nbsp;vélos, d&#8217;appareils électroménagers de toute sorte, spectres d&#8217;étendoirs à linge et autres objets métalliques de forme et d&#8217;usage rendus&nbsp;indéterminés par les eaux.</p> Madeleine, bis urn:md5:71e7d51ac21611bdc10dd9c63737aeed 2019-10-24T19:49:00+02:00 2019-10-25T21:29:02+02:00 RomainT Droit de suite <p> </p> <blockquote> <p>Est-ce d&#8217;avoir trop ri que leur voix se lézarde quand ils parlent d&#8217;hier&#160;?</p> </blockquote> <p>Ma grand-mère Madeleine est toujours bien vive, a presque 90 ans. Il faut dire qu&#8217;elle fait&nbsp;sa gymnastique tous les matins, dans le but (à moitié avoué)&nbsp;de ne jamais devoir aller finir ses jours dans une maison de retraite. Il <em>faut</em> qu&#8217;elle puisse monter jusqu&#8217;au premier étage de son appartement de la rue de la voûte, dans le XII<sup>e</sup> arrondissement de Paris,&nbsp;qu&#8217;elle habite depuis près de 65 ans maintenant. Il est un peu plus vide depuis que Roland est mort,&nbsp;trop grand pour elle, alors on trie ses papiers, on voit de temps à autre les amies&nbsp;qui restent, on peste contre l&#8217;aide à domicile qui ne sait pas faire le ménage (Madeleine en a fait pendant plusieurs années à son arrivée à Paris, dès&nbsp;la fin des années 1940). Mais que voulez-vous, on vit.</p> <p>Madeleine a la chance incroyable de n&#8217;avoir <em>aucun</em> problème de santé majeur,&nbsp;qualité qui&nbsp;se double&nbsp;d&#8217;une résistance physique inversement proportionnelle à son hypocondrie. Elle vous dirait tout le contraire et exposerait si elle me lisait :&nbsp;toujours un pet de travers, un peu de sciatique, mal par-ci, par-là, un problème de colonne vertébrale&nbsp;mais qui ne la fait ni souffrir ni ne handicape, c&#8217;est guère tout.&nbsp;Pas de cancer, pas de surplus de cholestérol, pas de problème de cœur, pas de maladie d&#8217;Alzheimer ni de Parkinson, aucune tumeur à l&#8217;horizon, rien, à désespérer l&#8217;interne de garde qui s&#8217;est occupé d&#8217;elle l&#8217;hiver dernier&nbsp;après son gadin sur une plaque de verglas.</p> <p>Au mois de juin, elle s&#8217;est&nbsp;fait opérer d&#8217;un truc de vieille dame. Anxiété, anesthésie&nbsp;générales&#160;; deux jours tout compris à l&#8217;hôpital haï dont elle sort rayonnante. Manque de chance, la chirurgienne aura mal recousu, ce qui a nécessité un second passage :&nbsp;je&nbsp;vais te dire, c&#8217;est tout simplement une bonne à rien&#160;! m&#8217;a-t-elle lancé rancunière, et en plus c&#8217;est elle qui va opérer à nouveau&#160;? la poisse&#160;! (J&#8217;ai étouffé un fou rire.)&nbsp;Rebelote,&nbsp;deux jours de plus, c&#8217;était cette semaine, fatigue&nbsp;mais sortie immédiate. La santé, vous dis-je.</p> <p>Je vais la voir demain. Je sais qu&#8217;elle va bien, je la connais téléphoniquement par cœur. N&#8217;avez-vous pas un parent âgé dont la voix lointaine vous indique un mauvais jour&#160;; dont la voix claironnante de grand moral, où&nbsp;tout va soi-disant&nbsp;de travers, en remontrait&nbsp;à tous les importuns et empêcheurs de faire ce qu&#8217;elle veut&#160;! Madeleine, oui.</p> <p>Depuis quelques fois, elle verse une larme&nbsp;quand je repars.&nbsp;Elle manque d&#8217;occupation et de contact humain, même si elle voit une personne qui l&#8217;aide à faire ses courses et une autre ses tâches ménagères, même si mon père vient la voir souvent, même si je l&#8217;appelle autant que possible et lui dis de ne pas hésiter à en faire autant, elle qui n&#8217;en fait rien.&nbsp;Elle se (me) rappelle des jours heureux d&#8217;il y a vingt-cinq ou trente ans, je dois bien finir par partir, je reviendrai. Je pleure aussi en fuyant rapidement dans l&#8217;escalier mais chut, vous ne direz rien, elle ne m&#8217;a pas vu.</p> Bisque bisque basque ! urn:md5:10a27f3c22e7128d26559aaec17b150e 2018-12-20T16:50:00+01:00 2018-12-20T19:14:21+01:00 RomainT Droit de suite <p>Le quotidien ou le caractère permet rarement&nbsp;d&#8217;agir en héros&#160;; toutefois, il est tant d&#8217;occasions de faire plaisir par de petites attentions que l&#8217;on aurait tort de s&#8217;en priver. Je ne manque donc jamais&nbsp;de faire remarquer à mes collègues&nbsp;que s&#8217;ils sont très élégants vêtus de leur nouveau&nbsp;manteau&nbsp;ou costume,&nbsp;l&#8217;habit&nbsp;leur siérait encore&nbsp;mieux s&#8217;ils avaient coupé&nbsp;les petits fils de couture restreignant les mouvements de l&#8217;étoffe, dans le dos. Et de prendre mes ciseaux, de joindre le geste à la parole, libérant ainsi&nbsp;les basques entravés. Eh oui,&nbsp;c&#8217;est cela aussi la magie de Noël.</p> Parce que c'était lui urn:md5:b5b4a0bc6322bddefb69794c2a298429 2018-04-12T17:38:00+02:00 2018-04-30T14:39:24+02:00 RomainT Droit de suite <p>Moi qui ne suis pas doué pour l&#8217;amitié, qui ai&nbsp;oublié plus vite que je n&#8217;aurais pensé&nbsp;mes meilleurs amis de&nbsp;certaines périodes, qui se sont eux aussi éloignés de moi, moi qui n&#8217;ai gardé que quelques bons amis d&#8217;école (et encore, j&#8217;ai beau chercher, aucun ne fait partie de ma promotion) mais pas un seul de&nbsp;lycée ni de&nbsp;collège, moi qui ai souvent l&#8217;impression de me complaire&nbsp;dans un caractère d&#8217;ours naturel&nbsp;alors même que voir des amis (avec lire et écouter de la musique, d&#8217;accord)&nbsp;est la chose la plus agréable au monde, moi qui vais terminer cette anaphore de moi qui devient agaçante, bref, j&#8217;ai gardé contact avec un ami d&#8217;enfance. De très petite enfance, devrais-je dire, car&nbsp;je l&#8217;ai quasiment vu naître, étant présent dès les premiers&nbsp;jours qui ont suivi sa naissance&#160;: je le connais&nbsp;depuis 32&nbsp;ans.</p> <p>Je ne m&#8217;explique pas particulièrement pourquoi lui, mais c&#8217;est un fait, malgré les divergences géographiques, l&#8217;éloignement temporel, et bien que nous n&#8217;ayons que peu de&nbsp;centres d&#8217;intérêt&nbsp;communs.&nbsp;Un lien a pu&nbsp;subsister qui a dépassé les circonstances et contingences.</p> <p>Il est aujourd&#8217;hui le père d&#8217;un charmant petit garçon, parle anglais mieux que je ne pourrai jamais, ce qui me réjouit&nbsp;et que je prends pour lui comme une revanche sur ses difficultés scolaires passées, moi qui&nbsp;l&#8217;aidais en&nbsp;langues ;&nbsp;il est épanoui, est resté&nbsp;jeune homme&nbsp;le petit garçon enjoué que j&#8217;ai côtoyé presque tous les jours jusqu&#8217;à mes 15 ans.</p> <p>Je l&#8217;ai revu hier, cela&nbsp;faisait cinq ans que nous ne nous étions pas vus. Je&nbsp;suis reparti&nbsp;heureux&nbsp;et lui aussi.</p> Opéra (bis) urn:md5:85f40dc37784499cffa2c1bcae06a6c7 2018-01-24T19:28:00+01:00 2018-01-24T20:47:00+01:00 RomainT Droit de suite 2013 <p>Il y a quelques mois, en répondant à un sondage lancé par le journaliste&nbsp;Guillaume Tion sur Twitter, j&#8217;ai dû me&nbsp;rendre&nbsp;à l&#8217;évidence&#160;: la première fois que j&#8217;avais&nbsp;vu et entendu un opéra en salle, c&#8217;était <em>La Damnation de Faust</em> de Berlioz, à l&#8217;opéra de Lyon, et j&#8217;avais 23 ou 24 ans. Le caractère&nbsp;tardif de cet événement m&#8217;avait frappé sur le moment, vu les quantités de musique&nbsp;que j&#8217;écoute par ailleurs depuis mes 14 ans.</p> <p>C&#8217;était il y a dix ans, et je&nbsp;ne suis pas retourné une seule fois voir un spectacle d&#8217;opéra après cette première.&nbsp;Je parlais un peu de cette forme musicale, avec quelques éléments d&#8217;explication (pas vraiment satisfaisants), <a href="http://www.petitchosier.fr/blog/post/2013/07/17/Opéra">dans ce court billet de 2013</a>. Aujourd&#8217;hui, avec tous les gros coffrets consacrés à des chefs d&#8217;orchestre du passé qu&#8217;on a accumulés à la maison, ce sont plusieurs dizaines d&#8217;opéras, oratorios et œuvres&nbsp;vocales qui attendent sagement&nbsp;une écoute.</p> <p>Soudain, à la faveur d&#8217;une commémoration festive qui tombe à propos, on se décide à aller voir le <em>Dialogues des Carmélites</em> de Poulenc au Théâtre des Champs Elysées, à Paris&#160;; qui&nbsp;plus est, à la faveur d&#8217;une soirée de célibataire à venir, je me décide à prendre une place pour <em>Le Cercle de craie</em> de Zemlinsky, à l&#8217;opéra de Lyon. Deux opéras&nbsp;en quinze jours.&nbsp;Pourquoi cela,&nbsp;maintenant&#160;? Mystère.</p> Un pilote urn:md5:fb2009883eac3f9912c2e9a7989e747e 2017-10-03T06:43:00+02:00 2017-10-04T22:32:42+02:00 RomainT Droit de suite <p>Robert (Bob) pratique le parapente depuis 1990. La semaine passée, il est allé&nbsp;voler à Saint-André des Alpes, où l&#8217;on peut faire de beaux cross&nbsp;tard dans la saison. Il y rencontre par hasard le&nbsp;moniteur qui l&#8217;a accompagné pour son premier grand vol,&nbsp;il y a 27 ans.</p> <p>Bob racontait sur le décollage de Saint-André l&#8217;anecdote qui l&#8217;avait poussé à commencer le parapente. Il avait appris qu&#8217;un vieil homme de 81 ans avait commencé la veille, alors, pourquoi pas son ami Maurice et lui&#160;? (Ils devaient avoir une grosse quarantaine d&#8217;années,&nbsp;peut-être&nbsp;la cinquantaine).&nbsp;Un moniteur présent lui aussi sur le décollage l&#8217;entend raconter, s&#8217;approche, se souvient de l&#8217;anecdote du vieil homme, parce que le moniteur, c&#8217;était lui. Il se trouve qu&#8217;il était&nbsp;également&nbsp;le premier moniteur de Bob. Un décollage en parapente n&#8217;est pas si fréquent en 1990, l&#8217;école l&#8217;avait&nbsp;donc filmé ainsi que&nbsp;le vol. Le moniteur a conservé le film, l&#8217;a retrouvé&#160;; Bob l&#8217;a récupéré. Bob&nbsp;en a fait part à ses camarades du club de parapente, avec lequel&nbsp;il vole toujours. Il&nbsp;approche aujourd&#8217;hui doucement de l&#8217;âge auquel le vieil homme avait commencé l&#8217;activité, il y a 27 ans.</p> En miroir urn:md5:75ca7c7c9ad67bc5b3213a379a695bb3 2016-09-05T21:25:00+02:00 2016-12-09T11:18:24+01:00 RomainT Droit de suite <p>Vendredi soir, un jeune homme m&#8217;aborde dans le métro. Certain de me connaître, incertain sur le prénom. C&#8217;était Florian, qui a quitté l&#8217;entreprise début 2009. Je m&#8217;en souviens bien, je n&#8217;avais pas d&#8217;affinité avec lui. (Il&nbsp;aimait organiser des&nbsp;pronostics collectifs&nbsp;sur les résultats de&nbsp;compétitions sportives). Il avait visiblement envie de parler, m&#8217;a taillé&nbsp;une de ces&nbsp;bavettes,&nbsp;on l&#8217;aurait mangée en tartare. Très agréable&#160;: j&#8217;aurais peut-être bien&nbsp;plus de choses à échanger&nbsp;avec lui aujourd&#8217;hui que je n&#8217;en avais alors. Vous savez, la vie qui a passé, qu&#8217;est-ce que tu deviens, ah,&nbsp;tu te souviens&#160;? etc. Bellecour-Valmy, quatre bonnes minutes.</p> <p>À midi, dans la file d&#8217;attente d&#8217;une sandwicherie pour ingénieurs pressés, un jeune homme attend devant moi. Parfois de trois quarts, il laisse entrevoir&nbsp;un air mutin&nbsp;qui connecte instantanément deux de mes neurones qui ne s&#8217;étaient pas abouchés depuis dix ans. Je lance,&nbsp;à peu près sûr de moi, avec réponse et grand sourire&nbsp;immédiats&#160;:</p> <blockquote> <p>— Bonjour&#160;! tu&nbsp;n&#8217;aurais pas fait l&#8217;école centrale de Lyon par hasard&#160;?</p> <p>— Si,&nbsp;avec toi&#160;!</p> </blockquote> <p>Je serais&nbsp;aussi bon physionomiste de casino que piètre instituteur pour appeler mes élèves&#160;: excellente&nbsp;mémoire des visages, affreuse mémoire des prénoms et des noms. J&#8217;avais peu&nbsp;d&#8217;affinité avec David (bien que&nbsp;je l&#8217;eusse soupçonné&nbsp;confraternel) ;&nbsp;j&#8217;en aurais&nbsp;certainement plus aujourd&#8217;hui. Notre&nbsp;responsable d&#8217;option génie civil l&#8217;avait hébergé&nbsp;et il repartait&nbsp;au Canada, où il habite désormais. Savait-il qui était Michel Tremblay, ou Patrice Desbiens&#160;? Mais non, vous savez, la vie qui a passé, qu&#8217;est-ce que tu deviens, ah,&nbsp;tu te souviens&#160;? quinze bonnes minutes. Je promis toutefois une&nbsp;bière à son&nbsp;prochain passage, ne laissons pas tout s&#8217;évanouir.</p> Le Nord urn:md5:b8c437578489a6f2856b1a41692dc616 2014-12-23T10:23:00+01:00 2014-12-23T12:20:29+01:00 RomainT Droit de suite <p>On trouve à Lyon quantité de bons restaurants, bouchons, bistros, brasseries. De plus en plus, on se réjouit de certaines petites choses&#160;: vins en pot qui ne sont pas issus d&#8217;un cubi basique limite buvable, frites maison. Les cafés et brasseries parisiens ne sont peut-être pas sur la même pente vertueuse.</p> <p>On prend quelques habitudes, on retourne avec plaisir aux meilleurs endroits&#160;: <em>Le Café français</em>, <em>Le Comptoir des marronniers</em>,&nbsp;<em>Georgette</em>, <em>Le Maubert</em>&#8230; Parfois on réessaie l&#8217;un d&#8217;entre eux, longtemps mis de côté, pour des raisons diverses (addition élevée, service désagréable, carte immuable). Nous sommes donc allés dîner au <em>Nord</em>, l&#8217;une des brasseries estampillées Bocuse, un soir passé.</p> <p>Les prix ont prix un sacré coup. Parmi les plats phare&#160;: la choucroute est à 22,50 euros au lieu de 18,90 euros il y a 3 ou 4 ans, et si elle reste copieuse, je constatai à la table voisine qu&#8217;elle est nettement moins bien servie qu&#8217;elle le fut. Le foie de veau purée est à 26,50 euros, soit plusieurs euros plus cher que n&#8217;importe quelle autre brasserie lyonnaise que je connaisse. Quant au menu, celui du dimanche où nous dînâmes était à 32,90 euros (26,60 euros les autres jours, contre 22,60 euros il y a seulement quelques années), ce qui accorde quelque exigence au convive.</p> <p>Va donc pour un menu. L&#8217;entrée est un saucisson en brioche délicieux, copieux. Un peu dénudé toutefois&#160;: une feuille de salade ne l&#8217;aurait pas déparé. Le plat, un <q>carré de veau</q>, est une déception. Pour commencer, on ne vous sert pas un carré comme il est écrit mais seulement une côte de veau, et bien fine encore. Je n&#8217;attendais certes pas un carré au grand complet (c&#8217;est-à-dire l&#8217;ensemble des côtes découvertes, secondes et premières), mais servir deux côtes de la taille de celle que j&#8217;ai mangée aurait été un minimum pour que le plat servi soit en accord avec son intitulé à la carte. Le tout est accompagné d&#8217;une purée maison classique mais basique, et d&#8217;un très bon jus de viande. En dessert j&#8217;ai mangé une tarte, je ne me souviens plus si elle était aux pommes ou aux poires. Bonne sans être extraordinaire.</p> <p>Résumons-nous&#160;: le progrès fait rage et certains restaurants ne se mouchent pas du coude, ni avec les prix (clairement pas en rapport avec ce qui est proposé dans les assiettes), ni avec les intitulés de plats. C&#8217;est bien dommage pour tout le monde.</p> La fête des lumières urn:md5:5b800170fee506dcb29f8f04f4a46830 2014-12-08T13:28:00+01:00 2014-12-08T18:09:01+01:00 RomainT Droit de suite <p>En quelques années, la fête des lumières est devenue un événement touristique, commercial, international. Cela n&#8217;empêche pas que le côté bon enfant perdure&#160;: l&#8217;ambiance reste familiale, les foules souriantes ne se pressent pas au point de s&#8217;écraser les unes les autres. De même pour le religieux&#160;: les églises sont ouvertes tard le soir, on dit toujours bien merci à Marie sur les affiches et en capitales à la droite de la basilique de Fourvière, et les bonnes sœurs chantent faux en s&#8217;accompagnant à la guitare à certains coins de rue.</p> <p>Il y a dix ans, on ne voyait pas ces marées humaines se presser dans les restaurants, qui pratiquent souvent des prix outrés pour l&#8217;occasion, ou devant les bouches de métro&#160;; ni ces autocars garés en chapelets sur les ponts et les quais. Il y a cinq ans, on commençait peut-être à constater le caractère répétitif de certaines illuminations, notamment celles qui soulignent les traits de façades de monuments emblématiques de la ville (cathédrale Saint-Jean, théâtre des Célestins). On allait les regarder, on continue à le faire, c&#8217;est souvent réussi.</p> <p>Ces dernières années la musique est très présente, bien souvent trop forte. C&#8217;est en général au détriment de l&#8217;installation lumineuse, qu&#8217;elle plombe (par exemple, pour le cru 2014&#160;: les centaines de planètes de la place Antonin Poncet sont gâchées par un tonitruant zim-boum-boum orchestralo-cataclysmique). Il arrive aussi que la musique veuille masquer les faiblesses d&#8217;une illumination (cette année&#160;: les bambous et leurs bruitages de la place de la république).</p> <p>On recherchait déjà les installations modestes, plus calmes, les plus poétiques en général (pour 2014&#160;: les tutus de la place Sathonay, le champ de lavande en forme de cœur de l’amphithéâtre des trois Gaules). On le fait toujours aujourd&#8217;hui et avec bonheur, car les créateurs originaux sont heureusement toujours présents.</p> Apostille au billet précédent urn:md5:04719cc4dd7de008e8177b1139b9758a 2013-12-12T23:33:00+01:00 2013-12-13T00:37:56+01:00 RomainT Droit de suite <p>Apostille, postille et demie, comme le dit si bien le plus célèbre des penseurs méconnus.</p> <p>&nbsp;</p> <p>Que j&#8217;aime à faire apprendre un nombre utile aux sages&#160;!</p> <p>Immortel Archimède, artiste, ingénieur,</p> <p>Qui de ton jugement peut priser la valeur&#160;?</p> <p>Pour moi, ton problème eut de sérieux avantages.</p> <p>&nbsp;</p> <p>Il existe une version un peu meilleure, littérairement s&#8217;entend, mais ce n&#8217;est pas celle que je connais. Le <q>problème</q> en question est l&#8217;approximation de pi par des fractions, auquel Archimède s&#8217;est intéressé entre deux bains. Vous n&#8217;oublierez pas la diérèse sur in-gé-ni-eur, si on vous forçait à dire ce truc en public un jour.</p> Patience et longueur de temps urn:md5:f7eddfd38859b3ef79658b47b769848c 2013-08-29T19:13:00+02:00 2013-08-30T11:53:44+02:00 RomainT Droit de suite <p>Une collègue vient de me rendre&nbsp;les <em>Four Stories</em> d&#8217;Alan Bennett, que je lui avais prêtées il y a 6 ans. Elle m&#8217;en parlait ponctuellement,&nbsp;comme pour se raviver la mémoire,&nbsp;partageant une&nbsp;sorte de pense-bête&nbsp;oral qui revenait un matin ou l&#8217;autre, quand je ne m&#8217;y attendais pas. J&#8217;imaginais l&#8217;ouvrage traînant avachi sur une quelconque étagère, attendant un improbable lecteur. Peut-être est-elle la même lectrice que moi, qui acquiers un livre qui fait envie sur le moment&nbsp;et qui parfois patiente des années avant de l&#8217;ouvrir&#160;? Peut-être lisait-elle mon livre, qu&#8217;en sais-je&#160;?</p> <p>J&#8217;ai&nbsp;moi aussi patienté&nbsp;des mois. Je trouvais&nbsp;piquant le statu quo, le flottement, l&#8217;incertitude (si horrible en d&#8217;autres choses),&nbsp;la possibilité du lire, la petite éventualité qu&#8217;elle finisse le bouquin. Parce qu&#8217;elle m&#8217;avait dit un jour&nbsp;avoir lu&nbsp;le&nbsp;jouissif <em>The Laying on of Hands</em>, première <em>story</em>, où l&#8217;on assiste si je me souviens bien aux obsèques religieuses d&#8217;un escort gay avec&nbsp;commentaires et réflexions de l&#8217;assistance et de l&#8217;officiant.&nbsp;Une petite&nbsp;valse-hésitation&nbsp;silencieuse&nbsp;se dansait dans ma tête :&nbsp;allais-je attendre encore dix, vingt ans, jusqu&#8217;à sa retraite peut-être,&nbsp;ma collègue étant mon aînée&#160;? Allais-je plier&#160;?&nbsp;Mais pour&nbsp;quelle raison&#160;? Pour relire <em>The Lady in the van</em>, quatrième <em>story</em>, récit poignant&nbsp;dans lequel Bennett raconte les quinze&nbsp;années qu&#8217;une&nbsp;clocharde excentrique a vécues dans une caravane devant chez lui, dans son minuscule&nbsp;jardin londonien&#160;? A ce stade j&#8217;en étais presque venu à considérer que j&#8217;avais offert&nbsp;l&#8217;ouvrage, aux deux détails près que le livre appartient à Fabrice et que si j&#8217;avais dit à ma collègue que je le lui donnais, elle n&#8217;aurait jamais accepté&#160;; cela eût rompu irrémédiablement la construction fragile sur laquelle on vivait jusque là et le lendemain elle m&#8217;eût&nbsp;dit bonjour&nbsp;le livre à la main.</p> <p>Elle a <q>fait du rangement</q>, a&nbsp;dû épousseter les recoins infréquentés de ses meubles qui ploient sous le poids du papier, a rendu un autre livre à sa voisine. J&#8217;ai surpris malgré moi&nbsp;leur discussion. Dans les instants qui ont suivi, ma collègue&nbsp;apparaissait dans l&#8217;encadrement de la porte de mon bureau ;&nbsp;me tendait l&#8217;objet, me remerciait, s&#8217;excusait, etc.</p> Du parapente urn:md5:04191017ca7924c7abc392866eaa2862 2013-08-03T13:57:00+02:00 2013-08-04T19:14:51+02:00 RomainT Droit de suite <p>Pour mes dix-huit ans, mon oncle et ma tante m&#8217;avaient offert un baptême de parapente. C&#8217;était à skis, cela avait duré très peu de temps (5 minutes), au-dessus de La Clusaz. Bon souvenir, mais bref.</p> <p>Fort du goût de trop peu laissé par l&#8217;expérience, je rempilai pour une semaine de stage en école l&#8217;été qui suivit. Et une autre, une autre, et une autre, au point de devenir autonome. Avec des souvenirs magnifiques plein la tête. Brutalement, sur les coups de 21 - 22 ans, j&#8217;arrête tout. Les classes préparatoires&#160;? D&#8217;autres centres d&#8217;intérêt&#160;? Je ne m&#8217;en souviens même plus&#8230;</p> <p>Il y a quelques semaines, à l&#8217;occasion des mes trente ans, je profite d&#8217;un nouveau vol en biplace offert par les amis lyonnais pour retremper dans cette activité oubliée. Et j&#8217;enchaîne une nouvelle semaine d&#8217;initiation, tellement c&#8217;est bon. Je m&#8217;aperçois que je n&#8217;ai pas tout oublié, hors l&#8217;essentiel des détails.</p> <p>On n&#8217;est plus autonome, mais quelle importance&#160;? On le redeviendra sous peu. On reprend ses repères, on retrouve des sensations, on se replante au décollage ou on s&#8217;y reprend à trois fois comme au bon vieux temps. (Là aussi, qu&#8217;elle importance&#160;? Je préfère décoller parfaitement la troisième fois que mal la première.) On se souvient que l&#8217;atterrissage était un point fort&#160;; il l&#8217;est resté&#160;: au troisième vol de jeudi, je savais poser seul.</p> <p>Le parapente est un sport sympathique. Déjà, il ne demande pas d&#8217;effort physique particulier&#160;: regardez aux sites de décollage, vous voyez des jeunes et des papys, des gringalets, des bedonnants, des gravures de mode. J&#8217;aime beaucoup la subtilité, la finesse de cette activité&#160;: analyse des conditions météorologiques et aérologiques, technicité du décollage, pilotage en vol, construction des approches pour l&#8217;atterrissage, et en toute situation la primauté du regard sur le monde qui nous entoure. Après, on se fait aussi bien plaisir, entre les paysages de montagnes et les sensations fortes que peut procurer un vol un peu chahuté.</p> <p>Le fait être à la merci du vent et du soleil, de devoir jouer avec eux, d&#8217;accepter éventuellement de ne pas voler si les conditions ne s&#8217;y prêtent pas concourent à la joie de la pratique du vol libre, avec ce simple tissu gonflé d&#8217;air au-dessus de la tête.</p> Hasard ? urn:md5:96d2c46d30d62603663952577abdf636 2013-07-18T21:37:00+02:00 2013-07-18T22:24:08+02:00 RomainT Droit de suite <p>Tout n&#8217;est pas hasard.&nbsp;<a href="http://www.petitchosier.fr/blog/post/2012/08/28/Trois-hasards">Dans un précédent billet</a>, j&#8217;évoquais le cas&nbsp;d&#8217;une phrase de&nbsp;<em>La Conscience de&nbsp;Zeno</em>&nbsp;d&#8217;Italo Svevo qui se trouve aussi&nbsp;mot pour mot dans <em>Adolphe</em>, de Benjamin Constant. Est-ce le fait du traducteur&#160;? Est-ce Svevo, qui parlait français et qui pouvait très bien avoir lu Constant&nbsp;avant d&#8217;avoir écrit&nbsp;sa phrase&#160;? Est-ce un pur hasard que je n&#8217;ai remarqué qu&#8217;en passant, alors que j&#8217;en ai peut-être ratés des dizaines d&#8217;autres dans mes lectures depuis&#160;?</p> <p>Autres exemples. Un collègue parisien rencontre fréquemment d&#8217;anciennes connaissances de lycée autour de Saint-Michel les week-ends où il retourne à Paris, et s&#8217;en étonne toujours. Si c&#8217;est un quartier&nbsp;où tous deux avaient des habitudes, rien d&#8217;incongru à ce qu&#8217;un samedi après-midi ils continuent à faire la même chose que quinze ans auparavant.&nbsp;Un soir, nous&nbsp;étions présents&nbsp;avec un autre collègue dans le même lieu, sans concertation préalable (et pour cause), et à notre grande surprise lorsque l&#8217;on s&#8217;est trouvés nez à nez. Pourtant Lyon n&#8217;est pas une si grande ville, nous habitons&nbsp;tous les deux en son centre, et les homosexuels représentent une minorité de la population.</p> <p>L&#8217;être humain&nbsp;est nul&nbsp;pour se faire intuitivement&nbsp;une idée correcte de&nbsp;probabilités d&#8217;occurrence, ou de ce qui relève ou non d&#8217;un&nbsp;hasard au sens mathématique. La vie fait qu&#8217;on en parle pourtant&#160;; qu&#8217;on s&#8217;en esbaudit.</p> Qui est le héros d'un roman ? urn:md5:587634afb94cbb2cacd392977b0936ea 2013-06-30T18:05:00+02:00 2013-07-02T10:09:39+02:00 RomainT Droit de suite <p>Drôle de question&#160;; je vous la pose.</p> <p>Je discutais avec Fabrice, l&#8217;autre soir, de ce que les notes de l&#8217;édition Folio d&#8217;<em>A la recherche du temps perdu</em> ne parlent jamais du personnage qui dit <q>je</q>&nbsp;dans le livre comme du <q>narrateur</q>, mais comme du <q>héros</q>. Or, pourtant, s&#8217;il est indubitablement narrateur, est-il pour autant le héros&#160;? Rien n&#8217;est moins sûr. La galerie de portraits par laquelle on passe à la lecture et d&#8217;autres choses évoquées constamment, l&#8217;art, la mémoire, le passage du temps font le récit au même titre que les habitudes du narrateur, et en sont bien les <q>héros</q>.</p> <p>Qui est le héros d&#8217;un roman&#160;? Un roman a-t-il seulement un héros, ou doit-il en avoir un&#160;? La question même du héros dans un roman a-t-elle une quelconque importance&#160;?</p> <p>Je me rappelle de lointains cours de français et un professeur de quatrième, qui soit dit en passant enseignait aussi le latin, le grec ancien et l&#8217;hébreu, parlait le grec moderne, et très possiblement des langues moins exotiques telles&nbsp;que l&#8217;anglais, l&#8217;allemand et l&#8217;italien, vu comme elle nous saupoudrait ses interventions de Londres, de Heine et de Toscane, c&#8217;est-à-dire avec l&#8217;envie de ceux qui ne peuvent s&#8217;en passer, mais la question n&#8217;est pas là, que j&#8217;ai pourtant posée. C&#8217;était madame K., qui a habité avenue Jean Jaurès à Boulogne-Billancourt dans le même immeuble que mon père&#160;; mais je soupçonne que de nous deux j&#8217;étais le seul qui sache que nous avions ce lieu commun. Car je l&#8217;ai compris par recoupement. Et que croyez-vous que madame K. fît en son docte rôle professoral&#160;? Elle demandait pernicieusement à ses élèves qui de Pierre ou de Jean est le héros dans <em>Pierre et Jean</em> de Maupassant. Drôle de question&#160;; je vous la pose. Je n&#8217;ai pas souvenir des discussions et des réponses des uns et des autres. Les paysages de Normandie, n&#8217;est-ce pas. Nos professeurs de français ont l&#8217;art de l&#8217;amusement intérieur.</p> Apostille au billet précédent urn:md5:b7e6b540481b0138c3c4fe950b51330b 2013-05-30T23:19:00+02:00 2013-05-30T23:32:45+02:00 RomainT Droit de suite <p>Le Théâtre des Champs Elysées, où a été donnée la première du <em>Sacre du printemps</em>, date de 1913 lui aussi. Il est l&#8217;œuvre des frères Perret. En plus de sa façade Art Déco (assez fort en 1913), de ses bas reliefs en marbre d&#8217;Antoine Bourdelle, de son plafond dû au peintre Maurice Denis, c&#8217;est l&#8217;un des premiers édifices réalisés en béton armé. Si ce n&#8217;est le premier.</p> <p>Car oui, j&#8217;aime le béton.</p> <p>Oui, le béton est un materiau noble et fier qui permet de grandes choses.</p> <p>Qu&#8217;on se le dise.</p> 15 mai 2012 urn:md5:05504218c8789d0319f201cbe6e4556b 2012-06-15T16:57:00+02:00 2012-06-15T16:57:00+02:00 FabriceD Droit de suite <p>Première déception&nbsp;— Sifflets&nbsp;— Coup de foudre franco-allemand</p> <p>Le bon sens l'a emporté : Jean-Marc Ayrault est Premier ministre. La règle était stupide par sa trop grande rigidité et son manque de nuance : ne nommer aucun ministre qui ait été condamné, l'idée semble bonne, mais un excès de vitesse vaut-il une affaire de corruption ? Quid de la réhabilitation ou de la prescription ? L'affaire, en l'occurrence, était ambiguë : il s'agissait certes d'un non-respect du code des marchés publics, cela même que la nouvelle majorité reprochait à l'ancien Président à propos des sondages commandés ; pour autant, sitôt l'irrégularité signalée par la Cour des comptes, Jean-Marc Ayrault avait mis fin à la situation litigieuse. Et tout ceci, si lointain, quasi oublié, en tout cas réhabilité. Cette affaire, il me semble, n'empêche pas Jean-Marc Ayrault de devenir Premier ministre.</p> <p>Pourquoi, alors, me semble-t-il qu'elle aurait dû empêcher François Hollande de le nommer ? Car j'aurais aimé, pour une fois, qu'une règle énoncée soit respectée, aussi stupide et inopportune soit-elle. Redonner un sens aux mots et une valeur à la parole politique, après ce quinquennat et cette campagne qui n'ont fréquenté qu'épisodiquement la vérité, voilà qui serait un bon premier pas pour une présidence normale et irréprochable. Le bon sens l'a emporté, disais-je : Jean-Marc Ayrault sera sans doute un bon Premier ministre. Mais cette victoire du bon sens risque d'entacher toutes les suivantes : après cette infraction d'une règle choisie, tout choix d'un réalisme souhaitable plutôt que d'un idéalisme inatteignable pourra passer au mieux pour une renonciation, au pire pour un nouvel accommodement.</p> <p style="margin-left:0;text-align:center;">*</p> <p>Au soir de sa défaite, Nicolas Sarkozy donna un discours trop personnel et trop satisfait à mon goût, mais pendant lequel il eut l'élégance de faire taire ses supporteurs qui huaient le nouveau Président. Il ne me semble pas que François Hollande en ait fait autant un peu plus tard à Tulle. Que l'on siffle un candidat, c'est regrettable mais, après tout, c'est une expression politique, sommaire, inarticulée, mais acceptable. Qu'un soir d'élection, en revanche, on siffle le Président issu du scrutin universel, voilà qui me choque. </p> <p>Qu'à l'inélégance on ajoute le ridicule et c'est la politique qu'on déshonore : quelle bassesse que cet attroupement médiocre réuni devant l'Élysée pour siffler les ministres nouvellement nommés.</p> <p style="margin-left:0;text-align:center;">*</p> <p>Anecdote, micro-événement, rigolade obligée : la foudre a frappé l'avion qui menait François Hollande vers Angela Merkel. Les enjeux de cette rencontre ? son contenu ? son résultat ? Oubliés ou ignorés. On ne retiendra que l'accessoire. Réflexe facile : blâmer les journalistes. Mais serait-ce juste ? L'opinion s'intéresse-t-elle encore à autre chose que ces instantanés ?</p>