Mireille dans la cuisine : pickles et confitures

Ce soir, croquer des cornichons de mon beau-père m’a immédiatement rappelé les pickles de Mireille. Je ne sache pas qu’enfant ma grand-mère confectionnait des pickles, mais un beau jour d’adolescence je decouvris que Mireille en avait fait quelques bocaux. Ils étaient à peu près immangeables, bien trop vinaigrés, mais je les aimais beaucoup pour le coup de fouet qu’ils apporteraient, surtout les petites tomates vertes qui explosaient en acidité après le premier coup de dent. Les cornichons du père de Fabrice ont ce même goût puissant de vinaigre blanc ; je ne sais pas d’où cela provient, les cornichons que fait ma mère sont bien plus fins et subtilement assaisonnés.

Après un tour en Provence, je reviens souvent avec un ou deux pots de confiture. Ma mère s’est mise aux confitures il n’y a pas si longtemps, une quinzaine d’années, après la lecture d’un livre de recettes qui associe le plus souvent un fruit et une herbe ou une épice, ou alors deux fruits, que l’on ne rapprocherait pas toujours. Si elle ne m’en voudra pas de dire qu’elle n’est pas une spécialiste des desserts traditionnels, ses confitures en revanche sont à se damner, merveilles d’équilibre en même temps que de puissance de goût. Je n’en ai jamais mangé qui puissent tenir la comparaison, hormis peut-être chez Troisgros au petit déjeuner, mais je n’en suis même pas sûr. Manger les confitures de ma mère me rappelle souvent le souvenir des confitures de Mireille, dont elles ne sont vraiment pas inspirées. Mireille faisait des tartes excellentes, aux prunes notamment ; il y avait dans le jardin de la maison des Sablons un mirabellier, un reine-claude et deux quetschiers. Mais cela ne suffisait pas : l’été, ces arbres fournissaient beaucoup de fruits et Mireille s’était mis en tête comme pour les pickles, un beau jour, de faire des confitures. Des bocaux par dizaines remplissaient les placards, malheureusement Mireille avait un problème de proportions ou de cuisson. J’aimais beaucoup l’overdose proche du coma diabétique à laquelle conduisait l’ingestion de plus de deux cuillers de ses confitures de quetsches, mais nous étions peu nombreux dans ce cas dans la famille.

Par ailleurs, Mireille réussissait parfaitement le cassoulet, le couscous et les tomates farcies.

Commentaires

1. Le mercredi 12 décembre 2018, 15:23 par Catherine

Touchée.

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