mardi 7 juin 2016

Un Paris - Lyon

 

Récit.

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mardi 17 mai 2016

Une semaine marrakchie

J’ai appris à jouer au Backgammon. J’ai marché dans les souks sous une pluie battante (rare). J’ai bu un verre dans deux palaces magnifiques. J’ai lu deux Balzac, un peu de Néruda, feuilleté en détail cinq ou six guides et un livre sur l’architecture Art Déco de Casablanca. J’ai marché dans des villages aussi pauvres que des villages chinois parmi les plus déshérités. J’ai vu le désert et la montagne, le calme et l’agitation. J’ai observé des stucs, des bois sculptés, des zelliges par dizaines. J’ai entendu ma belle-mère cinquante fois arguer qu’elle était Marrakchie, lorsqu’abordée dans la rue (sans succès). J’ai croisé des gens humbles ou adorables ; je n’ai croisé ni Pierre Bergé ni Jack Lang.

J’ai vu mon père pendant une semaine, ce qui ne m’était pas arrivé depuis quinze ans.

dimanche 1 mai 2016

Une semaine creusoise

 

Déclaration d’amitié (bis).

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dimanche 31 mai 2015

Hier, je suis passé à la Dent du Chat

Enfin, 200 mètres au-dessus.

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dimanche 30 novembre 2014

Quatre jours à Paris

Deux jours de travail, deux jours de week-end.

Je n’ai jamais habité Paris. Mes parents, mes grands-parents, oui : les 12e, 19e, 20e. Ils y ont travaillé, j’y ai passé des heures, dans plein de quartiers. Alors c’est tout comme j’étais parisien moi aussi ; je me suis toujours senti bien dans cette ville. Comme chez moi.

Lorsque j’avais une voiture il y a encore quelques années, je reproduisais les habitudes maternelles. J’y roulais sans plan, je me garais dans les coins gratuits mais centraux ou dans ceux où l’on trouve facilement des places, derrière les ministères, près de la rue du faubourg Saint Honoré. Où chez les grands-parents paternels, rue de la voûte.

Aujourd’hui j’y viens en touriste. Le plaisir de la déambulation, des brasseries, des trottoirs, des squares, des coins perdus, des noms de rue poétiques, est intact et ne changera jamais.

J’essaie de mettre les pieds dans les arrondissements que je ne connais pas. Aujourd’hui nous avons marché dans les 13e et 14e, il faudra y revenir pour dénicher les endroits cachés, les petites maisons, les îlots commerçants inattendus qui surgissent au détour des rues.

J’aime découvrir des musées où je ne suis jamais allé. Je vous citerais peut-être trente ou quarante musées parisiens où je suis entré : nous en voyions un chaque mercredi après-midi lorsque j’étais enfant, avec Alix et sa mère, dont de nombreux minuscules ou anecdotiques. Je n’avais jamais mis les pieds au musée d’art moderne de la ville de Paris jusqu’à hier. Chose faite, avec une magnifique exposition Sonia Delaunay. (Les collections permanentes sont aussi impressionnantes.)

Tropisme naturel, je reviens toujours dans les mêmes quartiers : le Marais et l’île Saint-Louis dont j’aime les hôtels particuliers classiques, le 8e entre les Champs-Élysées et l’opéra, les librairies et les étudiants du quartier latin et de Saint-Germain, tout les 12e et 19e. J’ignore tout ou presque de certains autres : les 14e, 15e et 16e arrondissements.

Lundi soir et mardi soir particulièrement, je pensais à Simenon et à Modiano, et à tout cela. Je trainais encore dans les rues à plus de minuit.

mercredi 12 novembre 2014

Notes d'un automne londonien

La passion qu’ont les anglais pour les panneaux d’avertissement : cyclistes, ne doublez pas ce camion par la gauche ; attention, sol mouillé ; ne vous asseyez pas sur le mur, chute vertigineuse de l’autre côté. (Traductions de l’auteur.) Dans les toilettes de la Tate Modern, superbe centrale thermique magnifiquement réhabilitée, des gamins s’inquiètent des lavabos : Very hot water, very hot water, very hot water, hot water: come here!

Les chaînes de restauration londoniennes : Prêt À Manger, Le Pain Quotidien, Pâtisserie Valérie, Café Rouge, Paul. (En français dans le texte.)

Les toilettes publiques, incroyablement luxueuses, des parcs et jardins, avec ces chasses d’eau formidables : la cuvette est creusée de telle sorte que deux jets en font le tour pour se rejoindre à l’extrémité, tandis qu’un troisième très directif attaque directement la céramique. Comment croire qu’un peuple aussi avancé tarde à adopter, sans parler du mitigeur, au moins le mélangeur ? Dans la plupart des pubs, un robinet d’eau bouillante, un robinet d’eau glacée. Un mouvement habile des mains évite brûlures et engelures.

Ce disquaire de Soho où nous allons à chaque séjour et à qui, systématiquement, j’achète un disque de Leopold Stokowski : je me présente à la caisse, il me sourit et me salue, je lui tends mes disques, il voit le nom de Stokowski, cesse de sourire, me fait payer, et quitte la caisse sans me saluer.

Le complexe lié à mon anglais parlé, depuis que j’ai dû épeler un titre (Where is my cow?) à Alfred, un libraire philadelphien, pour qu’il finisse par me comprendre. La communication avec les commerçants anglais, comme la pédagogie : répéter de plus en plus fort et de plus en plus lentement, jusqu’à ce qu’on se comprenne. Une lueur d’espoir : en rentrant à Lyon, la serveuse de la pizzeria à côté de chez moi ne m’a pas compris non plus lorsque j’ai commandé mon dessert.

À Londres comme en France, le signe international de l’addition : gribouiller dans sa main avec un stylo imaginaire.

dimanche 7 septembre 2014

Le vol de l'année

Samedi 6 septembre. Nous sommes à près de midi au déco(llage) du col de l’Épine, au-dessus du lac d’Aiguebelette.

Surprise, il n’y a personne, très étonnant pour un samedi alors que les conditions sont apparemment idéales : légère brise qui remonte jusqu’à nous, et vent d’ouest modéré (autour de 10 km/h de vent au maximum en altitude). Je me prépare, je décolle, et je ne fais qu’un plouf de 15 petites minutes. Après quelques virages en huit, je constatai que ça ne tenait vraiment pas. Le spécialiste météo du club avait pourtant bien dit que le meilleur de la journée pour ce site était autour de 15h - 17h. Une fois posé, je dus bien me rendre à l’évidence : il avait raison et cela expliquait ma solitude au moment de l’envol.

Une fois restaurés, on remonte, 13h30 au déco. Le site tient maintenant des Champs Elysées, ce qui est plus habituel pour un jour de week-end. Je retrouve une forte délégation du club, 12 personnes qui vont s’élancer entre les biplaces et les écoles. Fabrice redescend patienter au belvédère. Je traine un peu, puis je m’étale et démêle mes suspentes, une fois qu’une place s’est libérée. Cela va finalement assez vite, les décollages s’enchaînent. Je dois m’élancer à mon tour aux alentours de 14h15 ou 14h30.

J’étale ma voile à l’endroit favorable (en plein milieu), je relève à peine les bras que l’aile se gonfle aidée par le vent qui a forci. Un beau thermique juste devant le déco me fait un ascenseur de 50 mètres alors que je n’ai pas eu besoin de faire un seul pas pour partir. J’ai déjà le sourire aux lèvres, ça s’annonce chouette.

Virage à droite, j’essaie de gratter le relief en allant vers le relais du Chat. Il y a plein d’ailes en l’air, il n’y a qu’à regarder où les autres montent et les rejoindre. De toute façon, ça monte à peu près partout. Je suis tiré vers le haut et chahuté comme jamais je ne l’ai été. Je n’ai pas grand mérite à me retrouver au-dessus du début de la crête du Chat au bout d’une demi heure une heure. Plein de huit, beaucoup de thermiques enroulés. Je suis redescendu, remonté sans difficulté. J’étais déjà fier de moi : bien au-dessus de la crête du Chat cela veut dire autour de 1600 m ou 1700 m de haut, alors que le déco est à 1150 m. J’ai probablement du faire le plafond, c’est-à-dire arriver au plus haut possible dans les conditions météorologiques du jour sur un site donné. Je reste un certain temps à tenir au dessus de la crête, jusqu’à ce que je décide de m’aventurer de l’autre côté du lac d’Aiguebelette, vers le mont Grêle. Pour quelqu’un de plus expérimenté que moi et mes 50 vols, ce serait un cross classique. Pour quelqu’un qui ne l’a jamais fait…

Alors je passe le lac, jusqu’aux deux tiers. Je vois deux ailes bleues qui essaient des choses en chemin, qu’elles remontent sur un coin de falaise. Je m’y aventure aussi, ça ne rate pas, je reprends peut-être 100 ou 200 mètres ! Je joue pas mal dans ces thermiques jusqu’à ce que la soif se fasse sentir, je n’ai pas d’eau avec moi. Sagement, je remets le mont Grêle à une prochaine et je vise le terrain d’atterrissage. Je m’avance en vallée, je suis tellement haut que c’est le moment où jamais pour descendre en 3-6. Ces virages serrés à 360 degrés font perdre rapidement beaucoup d’altitude, 10 à 15 m par seconde selon comment vous y allez. Sensations fortes garanties. J’engage l’aile en 3-6 côté gauche, j’arrête au bout d’un tour. Petite pause, et j’engage l’aile en 3-6 à droite. Je fais peut-être 3 tours, et j’arrête la lessiveuse, il est temps de penser à l’approche et à se poser (j’aurai d’ailleurs mal au cœur plusieurs minutes après l’atterrissage).

Je pose le pied à quelques mètres de Fabrice, je sors mon téléphone : 16h17, j’ai fait un beau vol de deux heures.

lundi 21 avril 2014

C'est facile d'avoir du style

Églises et autres édifices religieux illustrent particulièrement bien la diversité stylistique du patrimoine architectural français. 1500 ans de constructions, du roman le plus austère au modernisme le plus audacieux (en passant par cette incomparable et kitschissime meringue boursoufflée de style éclectique qu’est le Sacré-Cœur de Montmartre) ont permis un riche développement dans tous les domaines : matériaux de construction, traitement des façades, ouvertures, toitures, ornementations, statuaire et plus largement décoration, mobilier intérieur.

Au cours de l’histoire, des courants ont pu prêcher une modestie ou une discrétion qui s’est parfois traduite dans l’architecture. Mais si on a construit, la plupart du temps, c’est bien pour que cela en jette.

Il existe évidemment des exceptions. À Lyon par exemple, Saint-Bonaventure ne présente au passant que la laideur de la juxtaposition de ses éléments disparates. On veut croire que le style qui ne ressemble à rien ne regroupe justement que des exceptions.

Devant le vaste ensemble à sa disposition, le visiteur est amusé par la variété de dénomination des styles (en particulier les qualificatifs ajoutés à roman et gothique) : roman bourguignon, poitevin, tardif, auvergnat, roman ajoutez-ici-le-gentilé-de-votre-région, gothique primitif, rayonnant, flamboyant, angevin, brabançon, troubadour, néogothique…

Je ne connais pas d’église de style paquebot mais je ne désespère pas, dans quelque sous-préfecture de bord de mer, d’en voir une un jour.

dimanche 10 novembre 2013

Pedibus

Revenant de Prague, je suis plus que jamais convaincu qu’une ville se découvre à pied.

De très grandes villes comme New York, Pékin ou Tokyo à pied, vraiment ? Sûrement pas, et c’est triste.

Parce qu’on rate à coup sûr l’à-côté, le moins ou le pas du tout touristique, l’endroit justement hors des sentiers battus, le truc sur lequel vous ne pouvez tomber qu’en prenant une rue imprévue, un chemin à gauche avec un bel hôpital de briques néogothique, alors que votre but est manifestement sur la droite.

À vélo peut-être ? Je pense qu’on peut en rater autant qu’en transport en commun. Une question de vitesse, probablement. Même si l’on perd à pied ou en transport la liberté de l’horaire qu’offre le vélo, je l’admets.

À Prague, pour aller à la citadelle de Vyšehrad, vous pouvez prendre le métro et vous y êtes en 5-10 minutes (trois stations depuis la vieille ville). Vous pouvez aussi descendre les quais de la Vtlava, avec de superbes bâtiments Art Nouveau tout le long du parcours (trois quarts d’heure de marche depuis la vieille ville). Vous pouvez aussi passer par la ville nouvelle, par le quartier universitaire et les hôpitaux (une heure de balade). Amateurs d’architecture, d’impasses et de coins désaffectés, n’hésitez pas ! Et les jeunes étudiants praguois sont avenants.

À l’écart, dans les effluves réelles des villes. Deux exemples à Paris : il faut se perdre dans le marais et compter les hôtels particuliers du grand siècle, les discrets, passer deux secondes les portes cochères ouvertes et admirer les cours intérieures cachées ; il faut chercher les maisons avec jardin (sûrement hors de prix) du treizième, à deux pas de la rue de Tolbiac. À Venise, un pas de côté : vous êtes immédiatement dans des multitudes de calli sans personne. De quoi respirer le croupi de tous ces petits canaux mystérieux, et poser les yeux sur des palais qui ne le sont pas moins. À Londres Chelsea, Holland park, Hampstead… sont des quartiers charmants plus ou moins excentrés : je ne suis pas un extrémiste du pied non plus, il m’arrive de prendre le bus pour m’y rendre (tellement plus chouette, et moins cher, que le métro). Je constate en chemin ce que je rate pour mieux revenir.

vendredi 6 septembre 2013

In vino veritas

Certain jour de juin, d’aucuns diraient d’août, le front brillant et la goutte de sueur y perlant (c’est qu’il fait déjà 35°C par ici, en cette saison), vous passez Séguret, un des plus beaux villages de France, et vous dirigez vers le Mont Ventoux. Séguret : ses calades, ses maisons de pierres empilées et sa vue magnifique jusqu’à la vallée du Rhône et aux monts de l’Ardèche. Baste, ce n’est pas l’objet.

Vous arrivez au domaine Mourchon. On ne fait usuellement pas de publicité sur ce blog, où l’on s’intéresse (faut-il le rappeler) aux seules choses de l’esprit, de celles qui élèvent, qui… Mourchon c’est du vin, du Séguret, un côtes-du-rhône villages exactement. Le vin y mature dans des fûts en béton, c’est très majestueux quand vous entrez, et puis vous connaissez mon goût pour ce matériau. Vous accueille M. McKinlay (du clan McKinlay ? J’aurais orthographié ça McKinley, moi, comme le point culminant des États-Unis qui comme chacun sait se trouve en Alaska, mais je m’égare), la soixantaine grisonnante et rougeaude, que vous supposez d’emblée bon vivant.

Son comptoir est circulaire ; une douzaine de bouteilles l’entoure, il est retranché comme un soldat de la première guerre mondiale. Il vous fait goûter ses différentes créations les unes après les autres. Il a le charme britannique, l’œil pétillant du connaisseur, de l’artisan sûr de son œuvre. Mon beau-père essaie de lui glisser quelques mots d’anglais ; M. McKinlay n’en a que faire, répond malicieusement en français, qu’il a doux et arrondi. Pour tout dire l’homme et son accent sont délicieux.

Les bouteilles passent, dans l’ordre de complexité aromatique et de degré d’alcool. Fabrice et moi en goutons trois ou quatre, nous modérons pour ne pas abuser ni nous soûler. Le beau-père taille toujours le bout de gras avec M. McKinlay, qui reste d’une patience monolithique. Le beau-père a bu nettement plus de verres que nous, me semble-t-il. Il arrive à la grande cuvée, la grande réserve, le summum, appelez ça comme vous voulez, je ne me souviens plus de l’intitulé de la bouteille la meilleure et la plus chère à la vente.

Ah oui, 16,5° tout de même, lâche le beau-père, déjà un peu attaqué. Après un temps de réflexion, son vis-à-vis a répliqué, sur le ton de l’évidence, et du même accent si sympathique : Ce qui compte, ce n’est pas le degré d’alcool, c’est la structure !

Nous quittâmes le domaine heureux, pleins de sagesse viticole.

mercredi 19 juin 2013

Simon Hantaï au Centre Georges Pompidou

À quelque chose malheur est bon. Cette expression ne veut pas dire grand chose, et pourtant c’est bien le moment ou jamais de l’employer. Ma journée de mardi aura principalement consisté à patienter affalé sur un canapé en simili cuir, pour ne pas gagner à un jeu télévisé.

Alors que faire ? Filer au Centre Georges Pompidou !

Les collections permanentes sont toujours aussi impressionnantes. L’une des expositions temporaires est une rétrospective de l’œuvre du peintre français Simon Hantaï (1922-2008). Elle est remarquable, et je suggère à tout amoureux de la peinture, de la couleur, de s’y ruer.

Hantaï a eu plusieurs périodes. Une période surréaliste dans sa jeunesse, plutôt noire, pleine de symboles et de bibelots ; je n’aime pas cette peinture, je suis mal placé pour en parler en bien. (Je vous donnerais tout De Chirico, tout Dali et tout Magritte pour, disons, un ou deux Rothko.)

Les périodes suivantes, surtout celle des pliages, ont révélé son style, qui l’a conduit à produire de grandes choses émouvantes. Le peintre pliait donc la toile, la nouait à intervalles réguliers, et jetait ses peintures acryliques dans les creux restants. Ça a donné les Mariales, pleines de feuilles du tissu de la toile non peinte au milieu de rouges, de bleus puissants, de beiges brique. Cela rayonne, on dirait des vitraux. Puis vinrent les Meuns, du nom du village où le peintre à habité en région parisienne, suivis des Études et des Tabula. Ces grands formats à l’apparence de simplicité sont saisissants, magnétiques : ils vous scotchent. On a du mal à décrocher le regard de ses subtils quadrillages de couleur griffés de blanc, de leur régularité rompue par le détail des emplacements vierges des nœuds pratiqués par le peintre, ou des pans qu’il aura repliés dans les Meuns, et qui font ressembler ces œuvres à des pensées (la fleur) ou des géraniums stylisés géants.

Les presque trente dernières années de sa vie, tel Sibelius reclus dans sa campagne, le peintre n’a plus peint ou presque. Il a même découpé les Tabula gigantesques par leur taille et qui avaient fait son succès à Bordeaux, au début des années 1980. Ultime geste artistique censé se rapprocher des découpages-collages de la fin de la vie de Matisse, qu’Hantaï admirait ? Moments d’incertitude sur l’œuvre créée et déjà prisée par le public ?

Jetez un coup d’œil sur Google images pour avoir une idée d’à quoi ressemble la débauche de formes et de teintes qu’ont les grandes toiles d’Hantaï, dans sa maturité. L’émotion des vraies est à portée de main, jusqu’à fin septembre au Centre Georges Pompidou.

lundi 8 avril 2013

Vienne

Difficile de parler d’une ville célèbre sans tomber dans l’anecdote. Le mieux serait sûrement de s’abstenir ; le bonheur qu’on a pu avoir l’emporte et fait dire deux mots.

Vienne est une capitale où, comme à Londres ou à Paris, on se verrait bien vivre tellement le quotidien et les plaisirs peuvent sembler divers. Cette sensation peut paraitre artificielle : en tant que touriste, on ne vit bien sûr pas en habitant et on a une vision très partielle d’un lieu, a fortiori si c’est la première fois qu’on y vient. Il n’empêche : une ville, on la sent ou on la déteste. L’architecture, les gens qu’on croise (fût-ce fugitivement un garçon de café ou la vendeuse d’une boulangerie), les parcs, l’ambiance plaisent ou débectent assez rapidement. Quand on ajoute des musées à revendre, des orchestres, même si on ne les a pas entendus, des palais, même si on ne met pas forcément les pieds dans tous ; pour résumer l’art de vivre et la culture, tout ne pousse qu’à une chose : revenir.

lundi 11 février 2013

A faire avant 30 ans

A 16 ou 17 ans, j’avais écrit un poème dont le titre était A faire avant 30 ans. J’y listai quelques choses et d’autres plus ou moins réalistes, et vous avez bien de la chance que je ne me souvienne que du titre. (A ce propos, pourvu que ma mère ne retrouve jamais de poèmes de jeunesse au fond d’un carton ; j’en ai jeté beaucoup ; j’espère en avoir jeté assez, sait-on jamais.)

A faire avant 30 ans, quelle drôle d’idée. Si j’ai un jour, je ne sais pas, 80 ans, je suis persuadé que j’aurais alors de toute façon toujours l’impression d’en avoir encore 20. Le temps passe, on prend, on fait les choses comme elles viennent, sans trop de préméditation, et c’est finalement très bien comme ça. Je n’aurai probablement jamais lu les Collected poems de Derek Walcott ou le Don Quichotte de Cervantes ; il y a peu de chances que je change radicalement de boulot ou que je publie jamais un livre. Doit-on avoir pour autant des regrets plus fondamentaux concernant les choix qu’on ne fait pas, à tant de moments de la vie, ou sur des limitations personnelles ? Plus je vieillis et moins je le pense.

Il faut dire que j’ai la chance de l’avoir belle, la vie ; de bien la gagner, et d’une façon que je juge intéressante ; de me permettre raisonnablement les loisirs et distractions que je souhaite avoir, ce qui agrémente le quotidien ; d’être entouré d’une petite famille, de quelques bons amis, de quelqu’un que j’aime, ce qui le rend plus heureux encore. Le seul vrai hic dans tout cela est que je ne vois pas bien pourquoi elle devrait s’arrêter un jour, la vie, mais on touche à des questionnements que je remets à plus tard.

Au plus tard possible, si vous voulez bien, car ces idées-là pour l’instant s’envolent comme le brouillard qui fuit on ne sait où avec le jour qui se lève sur le Rhône, les matins d’hiver. Car à 30 ans, on a bel et bien toujours l’impression d’en avoir 20.

jeudi 7 février 2013

Un aller-retour

Que retenir de ces quelque 33 heures passées en Chine, à part un bilan carbone désastreux ? Les à-côtés, assurément.

Avant que le départ se confirme, je ne savais pas que j’aurais droit à une place en classe affaires. Ce fut une excellente nouvelle, et une première expérience que je renouvellerai avec plaisir si on me la proposait à nouveau. Alors : champagne avant décollage, à l’apéritif ; bons vins avec le repas (Pouilly-Fuissé de chez Louis Jadot, quel bouquet de fleurs fraîches), digestif. Des plats très honnêtes, et un personnel de bord aux petits soins. Dommage que le prix du billet soit inabordable avec des moyens personnels.

Sur place : deux bons repas également. Le soir de l’arrivée, un hot pot chinois : vous faites cuire la nourriture de toute la tablée dans un bouillon chauffé par du charbon, au centre de la table. Légumes, viandes sont ensuite trempées dans un bol individuel de sauce que l’on agrémente de piments, d’oignons, d’herbes. Le tout arrosé d’alcool de sorgho à 53° (il en existe aussi d’autres marques titrant jusqu’à 70°, nous ont dit nos convives, mais nous n’avons pas essayé). Certains chinois peuvent en boire en quantité déraisonnable comme si c’était de l’eau.

Le lendemain matin, réunion.

Le midi, resto chic de l’hôtel. Tous les plats usuellement servis à table en Chine ont dû se retrouver sur la table tournante à un moment ou l’autre du repas (il y avait un esturgeon entier à se damner), mais plus fins que je ne les avais jamais mangés. Donc, un régal. Ah tiens, l’alcool de sorgho titre à 56° ce midi. Pour autant, j’ai fait le repas à la Tsing Tao (la bière la plus consommée) et suis ainsi parvenu à éviter le déshonneur.

L’après-midi, direction la Cité Interdite. Visite glaciale : -5°C dehors, et de grands vents. Les cinq minutes de la traversée de la place Tian’an men furent bien trop longues, et une fois entrés dans la Cité, nous traversions les cours successives au pas de course avec mon collègue. C’est gigantesque, il faudrait revenir, mais déjà nous avons du y rester trois heures, ce qui n’est pas si mal. Une petite déception : indépendamment du froid, quasiment aucun bâtiment ne se visite, ils restent pour l’immense majorité fermés avec des vitres en plexiglas à travers lesquelles on devine les intérieurs.

Ah oui, les taxis, évidemment. Pour aller à la Cité Interdite, nous en avons pris un. Nous nous étions dit que ça ne valait pas le coup de marcher longtemps (voire très longtemps) jusqu’à la station de métro la plus proche vu qu’à trajet égal, un taxi en Chine doit être 5 à 10 fois moins cher qu’un taxi en France. A l’aller, l’hôtel nous appelle donc un taxi : 31 yuans le trajet d’une demi-heure (4 euros) embouteillages inclus, et déjà je comprenais ce qui allait m’attendre pour le retour et qui ne manqua pas d’arriver. J’avais joué demi fin en prenant une carte de l’hôtel, où son nom figure évidemment en Chinois. Demi fin, car j’aurais pu retenir le nom de la station de métro la plus proche de l’hôtel…  Donc, au retour, premier taxi. Heureusement, on est à Pékin, les taxis baragouinent quelques mots d’anglais. Il demande 200 yuans (sans mettre le taximètre, évidemment). J’argumente, je me démène, je m’énerve. Je le laisse partir. Le deuxième : plus sournois encore que le premier, il fait mine de se creuser la tête, d’avoir l’air de réfléchir au chemin pour aller jusqu’à destination. 140 yuans. Je me calme, je lui dit qu’il mette le taximètre et qu’on verrait la somme finale, il me dit qu’il est cassé, etc. Je menace d’appeler le numéro qui figure sur la plaque bleue et de me plaindre de cet arnaqueur au service compétent. Il éclate de rire que déjà je m’éloigne, pour trouver un troisième taxi de l’autre côté de la rue. Même jeu du conducteur. Même jeu de mon côté. Rien à faire, il me demande 150 yuans. Go to hell!, et la voiture s’éloigne. Mon collègue me regardait faire. Quatrième voiture : ça faisait déjà 20 minutes qu’on attendait dans le froid… 140 yuans. Il y avait apparemment comme un consensus sur cette somme. Je demande 20 yuans, j’explique plein de mauvaise foi et de cynisme que c’est juste à côté, que j’ai payé 15 yuans à l’aller, que c’est intolérable l’image qu’il donne des taxis de son pays aux touristes étrangers, qu’ils prennent tous le métro à cause de la malhonnêteté des taxis. Lui : 130. Moi : 30, mais c’est un prix exagéré. Lui : 130. Je laissais de plus en plus de blancs dans la conversation, et lui restait garé là pour autant. Moi : 30, respectez la loi et mettez votre taximètre, vous verrez que c’est le bon prix (je me contredisais déjà…). Lui : 100, je peux pas faire moins, c’est loin, le trafic, le prix de l’essence, etc. Moi : bon, 40, c’est mon dernier mot. Lui : 100. Mon collègue arrive derrière moi, se penche à la vitre, et braille au conducteur d’une colère froide : écoutez monsieur, vous allez nous conduire à notre hôtel pour 80 yuans. Vous savez que c’est plus que deux fois le prix, nous savons que vous attendez depuis 5 minutes et que vous avez aussi besoin de nous pour vivre. Alors voici vos 80 yuans, et nous partons. Il était monté et je faisais de même. Le taxi démarra.

Le soir : travail glande à l’hôtel, glande à l’aéroport, glande dans le salon avant l’embarquement. Retard de l’avion : décollage vers 2h15 au lieu de 1h40. Repas servi à bord à plus de 3h du matin, je pique du nez dans ma pintade ; même jeu du personnel de bord aussi chouette qu’à l’aller. Transfert à Roissy : j’ai couru littéralement pour avoir le Paris-Lyon, en 55 minutes je vous assure que ce n’est pas évident. Je n’ai pas grugé dans la file d’attente au contrôle de sécurité, qu’il faut repasser.

7h23, je mets le pied dans le second avion, je n’étais même pas le dernier passager, facile. Départ 7h30.

vendredi 9 novembre 2012

Le goût de Londres : les vues

Barbican

Barbican

 

Tower bridge

Tower bridge

 

 

Docklands

Docklands

 

 

Hampstead Heath

Hampstead Heath

(Photos de FabriceD)

mardi 6 novembre 2012

Le goût de Londres

Un bon Londres, est un mélange de plein d’ingrédients. Avec le temps on prend ses habitudes, on se familiarise. On finit par se sentir chez soi, il faut dire qu’il suffit de se retourner pour tomber sur un Français… mais ce n’est pas pour cela qu’on y va, évidemment. Presque at home donc, comme le dit Richard Osman (co-présentateur de Pointless), en aspirant le deuxième mot comme jamais je n’arriverai à le faire.

Où manger ? A l’indien près de Russell square (pas de nom mais j’y vais les yeux fermés) ; au Gay Hussard, restaurant hongrois sympathique dans Soho ; dans les pubs, où l’on va pouvoir finir par publier un classement de la meilleure sausage and mash.

Les lieux ? Les pubs, avec pinte tiède obligée. Les librairies d’occasion de Charing Cross road, il n’en reste que trois de bien, prions pour qu’elles survivent encore quelques années. Bon, il y a Foyles bien sûr, mais ce n’est pas pareil même si le choix est démentiel. Parce que malgré tout, il est plus économique d’acheter des livres en anglais dans le bon pays… Jermyn street, et ses boutiques de tailleurs sur mesure. Soho et Covent Garden pour l’ambiance, même si on ne fait qu’y passer, Bloomsbury pour le calme et les grands squares. Les docklands, réhabilités sur des kilomètres, cette déclaration d’amour à la brique sur tous les tons (mais c’est un peu tout Londres comme ça, c’est vrai). Le trajet du Royal Albert Hall à Harrods. Le calme de Chelsea. Holland Park et ses baraques super chics, qui sont peut être seulement concurrencées par celles de Notting Hill. Hampstead et sa lande en centre ville, apaisement et maisons cosy à portée de la main à défaut d’être à portée de bourse (prix certainement aussi horrifiques que Holland Park ou Notting Hill) ; Highgate, presque un petit village un peu plus haut que Hampstead et si charmant. Le quartier du Barbican, bâtiments surélevés au style terriblement 70s, mais pas si moches, l’ensemble étant très unitaire.

Les vues ? Toute la ville depuis Parliament Hill au nord (dans Hampstead Heath) ou depuis l’observatoire de Greenwich au sud, le Royal Albert Hall depuis les Kensington gardens, les Houses of Parliament depuis la rive droite de la Tamise, toute la ville mais de plus près depuis Primrose Hill un peu au nord de Regent’s park.

Que faire absolument ? Passer fût-ce en coup de vent à la National Gallery, où des centaines de tableaux sont directement accessibles (on peut entrer comme dans un moulin, voir huit Monet, deux Van Gogh et la dizaine de Canaletto qu’on ne connait pas encore tout à fait par cœur, et repartir. Si seulement on pouvait faire pareil au Louvre) ; pousser jusqu’à la Tate Modern où les Bacon sont beaux. Regarder les talk shows ou les jeux télévisés, ils sont bons surtout parce que tout le monde essaie d’y rivaliser d’humour, c’est tellement moins lisse qu’en France. S’arrêter chez Foyles juste pour être estomaqué par la taille du rayon consacré à Agatha Christie. Aller voir un concert, une comédie musicale, une pièce de théâtre. Et dire que cette fois on a raté de peu des places pour une des dernières pièces d’Alan Bennett au National Theatre. Marcher dans les parcs, dans les quartiers… Le tube est le tue l’amour de la découverte. Fuir Camden lock ; faire un tour de bateau sur la Tamise (nombreux arrêts entre Westminster et la Thames Barrier proche de l’estuaire) ; se perdre entre les dizaines d’églises de Wren dans la City.

Finir par viser le délire de briques néogothique de Saint Pancras, annonçant déjà qu’il faudra revenir.

dimanche 2 septembre 2012

Brèves d'une mission en Chine - 12

Trois semaines en Chine : cinq vignettes

Vue de ma chambre

Vue de ma chambre

 

Qintou (centre), la nuit

Qintou (centre), la nuit

 

Qintou - billard

Qintou - billard

 

Taishan - une rue commerçante du centre ville

Taishan - une rue commerçante du centre ville

 

Central Hong Kong

Central Hong Kong

jeudi 23 août 2012

Brèves d'une mission en Chine - 11

Mardi 21 août

Manger et bien manger est très important en Chine. Que ce soit chez soi, à la cantine ou au restaurant, plusieurs plats sont sur la table ou sur le plateau. Hormis à la cantine, tous les convives partagent les plats. On picore, on met un peu de ceci ou de cela dans une petite assiette ou dans un petit bol que l’on a devant soi, et on mange.

Les légumes, vapeur ou frits, sont bien verts et bien croquants. Haricots verts, brocolis, salade, branches d’épinards frais sont ainsi parfaitement cuits, respectant le légume. Le riz n’est pas salé, les nouilles non plus mais sont souvent accompagnées de sauces goûteuses ou d’oignons rissolés, de petits piments. Le riz sert à faire éponge et est consommé avec les autres légumes ou viandes, comme nous mangerions du pain. Certains légumes sont cuits au four, entiers, rôtis, tels l’aubergine ou la courgette. C’est délicieux.

La viande : mijotée, elle ressemble à nos plats en sauce de type bœuf bourguignon. Avec, fréquemment, des cacahuètes ou des noix de cajou pour donner un petit goût sucré. Frit, comme l’est parfois le porc, on s’approche du bacon à l’anglaise. Le poulet accompagne souvent, en de discrètes et fines lanières sautées, n’importe quel plat de légumes. J’en ai mangé ce midi avec des pois gourmands.

Le poisson : il est souvent simplement cuisiné, sans apprêt. Au cours bouillon, comme dans la cuisine cantonaise traditionnelle, les poissons blancs sont parfumés, ont un petit goût comme les poissons de rivière chez nous. C’est souvent du poisson d’élevage qui provient de ces étangs qui voisinent les rizières, que l’on voit au bord de toutes les routes. On en sert aussi, des sardines et maquereaux par exemple, juste grillés au four ou au feu.

Les desserts : souvent à la vapeur, à base de fruits. Je n’en ai pas mangé souvent, au restaurant je n’ai pas l’impression que les Chinois prennent tellement de desserts.

Les boissons : l’eau n’est pas potable (même si certains chinois la boivent), mais il existe de très nombreuses eaux de source. Sinon, on trouve aussi tout un tas de boissons bizarres au goût plus que chimique, du genre boisson pour sportif ou yaourts liquides aromatisés. A part ça, le restaurant et particulièrement si vous êtes invités par des Chinois, est souvent un prétexte à beuverie générale avec vin, alcool de riz et bière. (Je n’aurai pas eu l’occasion de voir ça.) Mention spéciale au très bon jus de prune qui parvient à aligner 50% de sucre de plus qu’un Coca.

Qu’on se rassure, la cantine du site n’est pas étoilée au Michelin, on est plus proche du resto U. La viande est grasse, coupée en morceaux mais avec tous les os (que les Chinois recrachent) et le poisson est plein d’arêtes, servi entier ou en morceaux. Gare au piment, aussi, il se cache partout où on ne l’attend pas.

Mercredi 22 août

Les quelques Chinois dont nous sommes proches avec mes collègues ont le cœur sur la main. Après une soirée de mah-jong, elles virent arriver le lendemain matin leur hôte avec deux petits jeux de mahjong qui leur étaient destinés. Nous avons également, avec un canadien, bien sympathisé avec une jeune professeur de chinois. Hier soir, nous avons eu la surprise de la voir arriver avec deux petits marque-pages métalliques, un pour chacun.

Jeudi 23 août

De très nombreuses langues sont parlées en Chine. Si le mandarin est compris et parlé par une majorité de la population, les différentes régions ont gardé leurs langues. Il semble étonnant, pour un pays qu’on dirait unifié depuis des millénaires par les dynasties d’empereurs qui se sont succédé, pays qui a au cours du temps connu peu ou prou la même extension territoriale, qu’aient apparemment toujours existé ces nombreuses langues. Est-ce à dire que l’Italie, unifiée il y a 150 ans seulement, où les langues régionales sont toujours beaucoup parlées (à la différence de la France), aura réussi dans mille ans à conserver toutes ses langues comme il semble que la Chine y parvint ? Probablement l’enseignement du mandarin en Chine a dû et doit encore permettre la survivance de toutes les langues locales. A la différence de l’enseignement du français, qui depuis le XIXe siècle a progressivement écrasé les parlers régionaux. Quoiqu’il en soit, ma connaissance de l’histoire et de la Chine est trop superficielle pour que je puisse tenter de m’expliquer plus en détail ces questions.

Ce qui est sûr, c’est que les langues locales sont parlées en priorité par rapport au mandarin. Ici, dans la province du Guangdong, on parle surtout le cantonais (qui est parlé également à Hong-Kong). A Taishan, on parle le taishanais. Il est facile d’entendre la différence : si le mandarin parait asséné, net, bien découpé à l’oreille, le cantonais est plus arrondi, moins anguleux, avec plus de b, de g et de w, moins de ch et plus de j. A un niveau plus local on croit entendre, dans les différences entre taishanais et cantonais, les différences qu’il y aurait entre le français d’un journaliste de télévision et l’occitan d’un vieux paysan des Cévennes. C’est l’idée très subjective que je m’en fais, en tout cas on m’assure que mandarin, cantonais et taishanais n’ont rien à voir.

Rien à voir, sauf les sinogrammes, qui servent à écrire toutes les langues parlées en Chine. Enfin, pas exactement, puisque une des premières mesures de Mao a été de simplifier des centaines de sinogrammes afin que le mandarin soit plus aisé à écrire, et s’apprenne plus facilement. Le cantonais utilise encore les sinogrammes traditionnels, plus complexes et plus riches. Un hong-kongais vous dirait d’ailleurs la nécessité de l’utilisation des sinogrammes traditionnels, parce qu’ils conservent à la différence des sinogrammes simplifiés tout le sens que les siècles d’évolution ont placé dans la graphie de ces signes.

Jeudi 23 août, 23h21

Oui, j’ai chanté (enfin…) les Beatles et Ricky Martin au karaoké, mais non, vous n’avez rien raté.

samedi 18 août 2012

Brèves d'une mission en Chine - 8

Vendredi 17 août

Les missions à l’étranger et certainement l’expatriation, dans le cadre de grands projets, ont l’avantage de permettre de nombreuses rencontres. Les occidentaux ici ont tendance à vite se retrouver pour les repas et en dehors du travail. Nous voyons également les Chinois avec qui nous sommes en contact quotidien. Oh, je sais bien que sur l’ensemble je ne garderai que trois ou quatre adresses mail ou numéros de téléphone, et que je ne garderai un contact qu’avec une ou deux personnes  — peut-être avec aucune. Mais sur place au moins discuter, passer du temps avec un Canadien, un Estonien, un Parisien de Vincennes qui voyage dans tous les pays d’Asie possibles et bien sûr avec quelques Chinois presque tous originaires de Taishan, à quelques kilomètres de là, cela change. La différence aère et vivifie.

Samedi 18 août

Quelques petites choses, et tout va mieux.

Apprenez un peu de chinois. Cela peut paraître évident, mais le fait est que quelques mots et expressions basiques dans votre bagage permettent d’éclairer les visages et de créer une très bonne relation. Les Chinois savent que pour les occidentaux leur langue n’est pas simple à prononcer ; ils savent aussi que malgré tout les sinisants sont peu nombreux. Alors, dès qu’un petit effort se fait entendre…

Si un Chinois vous propose quelque chose à manger ou à boire, ne refusez pas. Même si c’est un bonbon qui vous parait douteux, mangez-le et refusez le suivant si vous n’avez pas aimé. Refuser d’emblée est très impoli.

Ne jouez pas avec les baguettes. Notamment, ne les plantez pas dans la nourriture car c’est un symbole de mort. Les Chinois ont mis quelques milliers d’années à simplifier leur couvert et son usage jusqu’à l’épure, c’est donc une bonne raison pour ne pas jouer avec.

Négociez les prix. Pas dans un supermarché, ni dans un hôtel à l’occidentale ou dans un magasin qui a pignon sur rue (encore que…). Mais dans la rue, pour prendre un taxi ou au marché, si vous ne négociez pas votre vis-à-vis vous considérera comme le dernier des gogos.

Donnez un papier, un objet, n’importe quoi avec les deux mains. C’est un signe que le don ou la transmission est franche, totale.

mercredi 15 août 2012

Brèves d'une mission en Chine - 6

Mercredi 15 août

Depuis la base-vie ou le site du chantier, je peux me rendre en bus dans les grandes (Taishan, Shenzhen, Canton, Zhuhai) et petites villes (Qintou, Tongou) les plus proches. Je peux également demander un taxi qui me conduira où je souhaite pour un prix très avantageux, mais le retour n'est pas forcément assuré... En gros, je peux aller n'importe où ou presque dans un rayon de quatre heures de route. La contrepartie est la dépendance à un horaire ; de même, le matin et le soir pour aller travailler, les horaires de bus sont stricts : 7h30-7h40 et 17h40-18h, et les Chinois sont ponctuels. Je ne peux pas faire autrement, sauf à emprunter un petit sentier de montagne pour une heure de marche. Il faut dire aussi qu'à moins de repasser son permis de conduire en Chine, un étranger ne peux pas conduire ici. Il faut pour cela parler très bien parler chinois, les épreuves n'étant pas bilingues... Très peu de non-Chinois ont donc le supplément de liberté apporté par une voiture.

D'une façon similaire, la quantité impressionnante d'activités à disposition ne masque pas la contrainte, qui doit être pesante si l'on reste plusieurs mois, de devoir s'y adonner sur place, comme en vase clos.

Autrement, ce serait l'occasion où jamais de lire tout Balzac.

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