mardi 22 mai 2018

Mireille et les noms de famille

Petit, je riais beaucoup du supposé ridicule qu’on peut associer à un nom de famille à la consonnance rigolote, ou dont le nom est un mot du langage courant (sans forcément que le mot soit injurieux, d’ailleurs). La cible préférée était assurément madame Lechien, voisine d’une grand-tante. Cela survenait parfois quand j’étais chez mes grands-parents. Mireille me réprimandait, arguant qu’il n’était pas beau de se moquer du nom des gens, on ne choisit pas son nom et supporter des moqueries à ce sujet peut créer beaucoup de peine à la personne concernée. Mireille avait ajouté une fois : 

« Qu’est-ce que tu dirais si tu t’appelais Romain Carotte, et qu’on rie de toi dans la rue en entendant prononcer ton nom ? Cela ne te plairait pas, tu penserais que la personne qui se moque est très impolie. »

Je ne l’ai pas dit à ma grand-mère mais il me plaisait beaucoup, ce monsieur Carotte. Ce nom me paraissait d’une grande distinction, je m’imaginais tout orange. Cette si belle couleur, ce joli légume. On n’en reste peut-être pas moins bête pour autant, mais on sourit de choses différentes, l’âge venant.

samedi 19 mai 2018

Mireille et X., le cousin de Guy

Mes grands-parents maternels, gens cultivés, lisaient beaucoup. Je me souviens d’avoir demandé une fois à Mireille s’ils avaient lu tous les livres de leur (grande) bibliothèque, et obtenu une réponse évidente.

Les grands-parents étaient tout de même restés interdits, cet après-midi-là, alors qu’ils discutaient dans la cuisine avec le cousin X. De passage à la maison des Sablons pour les saluer, il restait boire une demi-goutte avant de rentrer chez lui. Il était à pied et il pleuvait beaucoup. Lui demandant s’il comptait partir, comme il se levait et marchait vers la porte-fenêtre, Mireille se vit répondre : « Il eût fallu que la pluie cessât ! », et le cousin X. était calmement revenu s’asseoir.

vendredi 18 mai 2018

Les belles histoires de ma grand-mère Mireille

 

Préambule

Lire la suite...

jeudi 4 janvier 2018

Apostille au billet précédent

On a pu lire beaucoup certains auteurs, jusqu’à parfois, disons, les trois quarts de leur œuvre. Mais on sait pertinemment qu’on n’en lira pas toute l’œuvre, parce qu’elle est colossale, par exemple. Ou parce qu’une partie bien spécifique des écrits de l’auteur n’est clairement pas la meilleure, ou parce que l’auteur a beaucoup plu à une certaine période, mais que d’autres ont pris le dessus sans que l’on pense jamais revenir au premier. Ou que l’auteur s’est répété à un point que l’on estime incompatible avec une lecture intégrale de l’œuvre.

Les quelques-uns qui me viennent à l’esprit : Thomas Stearns Eliot (je doute de lire jamais son théâtre), Alexandre Vialatte (je doute de lire jamais ses romans), Victor Hugo (je doute de lire jamais tout son théâtre), David Lodge et Johnathan Coe (je n’aurai lu que les romans que Fabrice m’aura conseillés), Georges Simenon (est-il humainement possible de supporter la lecture de tous ses romans durs, diversement noirs et désespérés ? je pense que je me serai arrêté avant de les avoirs tous lus).

mercredi 3 janvier 2018

Tout, tout, tout vous saurez tout

Quand on aime un auteur, on finit par en lire tout, même ses opus les moins bons. On veut le manger en entier, de peur de rater la perle. Par une association d’idée venue d’une discussion, j’essaie de me souvenir des auteurs dont j’ai lu toute l’œuvre ou presque (mettons à part la correspondance, pas toujours publiée d’ailleurs, et quelques œuvres introuvables) ; si c’était à refaire aujourd’hui je ne relirais pas tout de certains d’entre eux. Je ne relirai peut-être même pas certains d’entre eux. On change de goût, on considère maintenant mauvais des textes qu’on a pu adorer à 15 ans… ah, jeunesse.

Drôle de patchwork qui n’a pas vraiment de cohérence, quand on voit groupée à la queue leu-leu cette vingtaine de noms : Ernest Hemingway, John Steinbeck, André Malraux, Hervé Guibert, Saint-John Perse, Jacques Prévert, Arthur Rimbaud, Seamus Heaney, Julian Barnes, Robert Desnos, Paul Eluard, Jean Racine, Molière, Albert Camus, Charles Dantzig, Emmanuel Carrère, Jean Echenoz, Guy de Maupassant, Fiodor Dostoïevski, Jacques Drillon. (Honoré de Balzac, Michel Tramblay, Alan Bennett : cela ne saurait tarder.)

jeudi 6 juin 2013

Ode

Le béton, mon beau souci.

Drôle de mélange, en plus d’être un matériau massivement utilisé dans le monde entier. Les Égyptiens et les Romains employaient des associations de matériaux de construction qui pouvaient s’apparenter à du béton : du sable, de l’eau, voire des graviers ou de la pierre concassée, un liant à base de chaux par exemple, hop on mélange et on bâtit. Ah ça c’est costaud, c’est bien. (Oui, parce que si les Romains étaient d’excellents ingénieurs, ils ne peuvent pas s’enorgueillir d’un seul mathématicien, d’un seul physicien digne de ce nom en plus de mille ans de civilisation. On s’en esbaudit encore dans les campagnes aujourd’hui. Le pont du Gard tient toujours debout sans qu’ils aient eu des outils pour le concevoir,  ils ont eu bien de la chance…)

Pourtant, on s’est rendu compte ou on a compris tard les caractéristiques, avantages et inconvénients d’un melange tel que le béton. 1850 environ, pas avant. À commencer par une bonne tenue en compression et une calamiteuse résistance à la traction. C’était un premier pas. Deux avantages majeurs du béton, aussi : la légèreté et la facilité de mise en œuvre. Peut-être plus pour très longtemps encore, mais pour l’instant on a du sable, de l’eau et des cailloux un peu comme on veut. Par rapport à l’acier, le béton coûte moins à produire et peut s’employer quasi à la demande, même s’il ne permet pas de traverser (ou alors pas facilement) la baie de San Francisco.

Le type qui a eu l’idée d’ajouter des aciers dans le béton pour lui permettre de résister à la traction mérite une reconnaissance éternelle. Les Freyssinet, Perret, Hennebique et autres Jeanneret dit Le Corbusier ont pensé autour de 1900 ce que le siècle passé a mis en œuvre avec génie ; gloire à eux, ne les oublions pas.

Le bois ? Globalement moins résistant en compression ou en traction même s’il tient debout plusieurs siècles. Permet des portées et hauteurs modestes. L’acier ? D’accord pour des portées et des hauteurs importantes (encore que le CNIT de La Défense se pose là) mais il reste plus dur à produire et doit être transporté de l’usine au lieu de construction. Ne tient pas bien au feu. Le béton constitue un bon équilibre.

Défis : la durabilité, le vieillissement, l’aspect. L’acier est à peine plus durable. Le bois n’est pas étanche et brûle. J’ai encore du travail.

vendredi 10 mars 2006

Interlude

(Synonyme : remplissage.)

Lire la suite...